Biodiversité et agriculture

Rapports entre biodiversité et agriculture

Définition et éléments de la biodiversité

(Sur le modèle de la définition officielle de la convention sur la diversité biologique):

  • Diversité des espèces: nombre d’espèces par unité de surface;
  • Diversité génétique au sein de l’espèce: diversité des variétés des plantes sauvages et cultivées; diversité des races des animaux sauvages et domestiques; cela inclut donc aussi la conservation d’anciennes variétés et races;
  • Diversité des milieux, diversité des écosystèmes, éléments paysagers diversifiés, paysage structuré;
  • Diversité des relations des êtres vivants entre eux et avec l’environnement non vivant, donc également les liaisons entre les biotopes et les éléments.

Il s’ensuit que:

  • Tous les êtres vivants font partie de la biodiversité, tous les animaux et toutes les plantes ainsi que l’Homme (de même que les organismes du sol, les insectes, les araignées, les petits mammifères, les oiseaux, les plantes cultivées et les microorganismes);
  • Tous les espaces vitaux en font partie, par conséquent aussi le sol, l’eau, l’air, la forêt, les jardins;
  • L’Homme/les humains avec leur diversité culturelle, les relations sociales, la configuration de la diversité des branches d’exploitation font aussi partie de la biodiversité

Biodiversité et agriculture:

Actuellement: en CH on parle plutôt d'une baisse de la biodiversité. Attention ce phénomène n'est pas linéaire.

Contexte historique en 3 temps

a) Époque ancienne (néolithique jusqu'au moyen-âge)

Contrairement à l'idée reçue cette époque était pas si  riche en biodiversité: raisons principales: beaucoup de forêts couvrent le paysage, pas ou très peu d'échanges génétiques (pas encore les apports de plantes /animaux par les découvertes du monde)

b) Moyen-âge jusqu'à la première guerre mondiale:

Les chercheurs s'accordent à dire que l'on atteint là le sommet de la biodiversité. Raisons principales: l'agriculture se développe, les grands défrichements ont lieu. L'agriculture se développe par succession de "mouchoirs de poche" avec des instruments légers, fauche manuelle, traction animale, impossibilité technique de produire sur des grandes surfaces.

c) Première guerre à nos jours:

Perte de biodiversité qui s'accélère depuis les années 70. Phénomène de l'industrialisation de l'agriculture, possibilité de travailler des plus grandes surfaces, plus vite, plus tôt ou plus tard dans la saison, changement de technique (ex: ensilage, monoculture). Utilisation d'intrants de synthèse (engrais, herbicides…) limitent aussi la biodiversité. Corolaire: Pollutions plus fréquentes de l'environnement.

Réponses à ce constat en CH

Les Prestations Écologiques Requises (PER), système d'agriculture raisonnée. C'est la base technique de la politique agricole actuelle. Plusieurs points sont intégrés afin de limiter la perte en biodiversité soit

1)     Obligation d'avoir 4 cultures au min (règle d'assolement) => biodiversité cultivée

2)     Au min 7% de la surface exploitée doit être en Surface de Compensation Écologique (SCE)

3)     2 autres piliers plus en rapport avec la protection des ressources eau, sol.

En rapport avec l'agriculture européenne c'est déjà un très standard extrêmement élevé, mais malgré tout la perte en biodiversité continue inéluctablement.

Malgré tout la biodiversité recule. Depuis 2001, nouvel outil Ordonnance sur la Qualité Écologique (OQE), fait la promotion des surfaces riches en biodiversité et la mise en réseau des SCE, elle en améliore la connectivité. Elle vise donc plus la qualité, la biodiversité que la quantité des surfaces

Exemple 1

Ecoréseau du Val-de-Ruz, où 83 agriculteurs participent pour plus de 200 ha. L'effet sur plusieurs groupes d'insectes est très favorable comme le fameux azuré des paluds (résumé Ecoréseau). D'autres réseaux écologiques existent dans le canton depuis.

Exemple 2

Efforts à faire aussi en agriculture bio. Plusieurs études montrent qu'en général il y a plus de biodiversité animale et végétale sur les ferme bio(entre 46 et 72 %) (Document en allemand) Explicable assez facilement par le système bio qui renonce particulièrement aux herbicides et aux engrais rapidement solubles de synthèse. En général les domaines bio sont exploités de manière moins intensives. Oui certes, mais l'article Bioactualité, en français montre aussi que la situation peut être aussi bien améliorée dans les fermes bio. Ici, le rôle de la vulgarisation est décisif pour animer des visites de terrains, organiser de la formation afin de sensibiliser les exploitants à prendre des mesures simples dans le terrain comme replanter ou entretenir correctement une haie, laisser quelques refuges pour les insectes et petits mammifères etc…

Savoir communiquer

Faire vivre la biodiversité, c'est aussi la communiquer au grand public par le biais de portes ouvertes ou de circuits découverte (document Faire vivre la biodiversité) mais aussi par le soutien et des achats à une agriculture locale et diversifiée, si possible en direct avec les agricultrices et les agriculteurs. Le Lopin Bleu par sa forme contractuelle et par le fait de l'équilibre producteurs- consommateurs va exactement dans cette direction. Elle permet aussi, par le débouché qu'elle offre aux producteurs, de permettre la culture et la commercialisation de cultures moins rentables. (Ex. Sarrasin, huile de pavot, ) très difficile à vendre "en gros" pour l'agriculteur.

Pascal OLIVIER
Conseiller agricole CNAV
Secrétariat Bio-NE
032 889 36 44