Opération cornichons

Printemps 2009, Bio-Neuchâtel et le Lopin Bleu, désirant dénoncer les dérives du système agroalimentaire mondialisé, lance l'OPERATION CORNICHONS pour " rebocaliser" symboliquement la culture du cornichon sous nos cieux.

Plusieurs dizaines de membres des 2 associations se sont mobilisés dès le mois d’avril pour semer, planter, sarcler, arroser, récolter (plusieurs fois par semaine !), nettoyer, mettre en bocaux, étiqueter et vendre des cornichons. Plusieurs points de presse ont régulièrement présenté la démarche aux médias.


Mais pourquoi en vouloir au cornichon ?
operation-cornichon-afficheLe cornichon illustre bien la dérive du système agro-alimentaire actuel, mais nous ne lui en voulons pas du tout, on l'aime même bien, cette cucurbitacée ! Elle nous porte à la réflexion. Le cornichon fait partie de notre culture culinaire. Sa production, d'abord indigène, a été délocalisée petit à petit, en Europe de l'Est d'abord, puis en Inde, là où la main d'oeuvre est encore moins payée ...
Bien que les Indiens n'en mangent pas, ils le cultivent à bon compte pour nous!
L'abandon de la culture du cornichon chez nous est aussi un
appauvrissement de notre "jardin potager".
La culture du cornichon nécessite de grandes quantités d'eau et on creuse de plus en plus profond pour extraire le précieux liquide, qui fait défaut à une partie de la population indienne et que l'on "exporte" en quelque sorte en Europe sous forme de cornichons.
Le cornichon, préconservé et transporté dans des fûts de vinaigre en Suisse, où il est mis en bocaux. Aux dernières nouvelles, cette étape sera prochainement (ou l'est déjà) complètement délocalisée en Inde.
Le marchand de sable a bien failli nous endormir avec son conte "La dame aux cornichons"..., mais "La cruelle fable du cornichon", présentée par la TSR nous a bel et bien réveillés.

· Quoi ? Seulement encore 8 producteurs de cornichons en Suisse, alors qu'il y en avait plus d'une centaine il y a à peine 20 ans ?

· Quoi? Les cornichons se cultivent en Inde maintenant ?

· Oui, on nous prend vraiment pour des cornichons !